Hiré : mine d’or ou mine de malheur (1) !!!

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Hiré est une localité dans la région du Goh à environs 4h de route d’Abidjan. L’adoption du Code minier et l’augmentation du prix de l’or au cours de la dernière décennie ont entraîné l’expansion rapide de l’exploitation minière, surtout aurifère en Côte d’Ivoire. Les localités de HIRE et de BOUAFLE (ANGOVIA) en particulier ont connu un afflux d’exploitants miniers artisanaux et industriels.

A HIRE par exemple, deux multinationales se partagent le territoire. Il s’agit de ‘’New-Crest’’ installé à BONIKRO et à HIRE et ‘’ANDEAVOUR’’, installé sur les terres du village D’AGBAHOU.  Quant à ANGOVIA, l’entreprise ‘’Amara Mining’’ s’apprête effectivement à entrer en productivité, à côté du flux important d’orpailleurs très visibles sur le périmètre.

Cette présence remarquée d’orpailleurs et d’entreprises ne laisse pas indifférente les populations qui ont vu leurs habitudes et leur mode de vie complètement  bouleversée, du fait de cette nouvelle cohabitation souvent conflictuelle.

Lors de mon passage j’ai pu recueillir des témoignages poignants qui m’ont fait prendre conscience de la gravité de la situation des populations riveraines des zones d’exploitation minière. L’activiste et le blogueur que je suis devenu grâce à vos visites sur mon blog ne pouvait se taire et garder cela aux oubliettes. J’ai mis du temps, certes, pour écrire cet article, mais bon prendre le temps pour mieux agencer ses idées n’est pas mauvais pour vous qui êtes si exigants. Revenons à  Hiré.

Les conflits communautaires

Là où il y a l’argent en Afrique, il y a toujours la bagarre, chacun en fonction de ses intérêt pousse ces pions et au final toute la société en sort perdante.

À Hiré un comité de développement local a été mis en place avec l’accord des différentes parties prenantes, toutefois ce comité jouirait de la caution de peu d’habitants.

La population est méfiante et peu disposée à faire confiance aux élus locaux, taxé de prendre fait et cause pour les entreprises minières.

Les mécanismes de gestion participative des problèmes dus à l’exploitation minière ne fonctionnent pas réellement. Ainsi, lorsque la population est en désaccord avec une action qui est entreprise par les sociétés minières, et bien elle le fait savoir par des barricades et des manifestations qui sont souvent réprimées sauvagement.

Le chef du village de Gbogobro, un village dans la zone de Hiré me racontait qu’une fois alors qu’ils avaient décidé de manifester pacifiquement à une des places publiques de Hiré et bien une descente musclée a été ordonné par le préfet de la ville de Divo. Le lieu de protestation envahi par les habitants du village s’est vu vider très rapidement face à la répression sauvage qui s’y est faite.

Les bâches  qui avaient été placées pour abriter les manifestants contre les intempéries ont été déchirées, les chaises louées ont subi la même fureur, les marmites de riz et de sauce qui avait été garnie pour redonner  de la vigueur aux manifestants ont été renversé et cassé.

Les motos des occupants du lieu ont été détruites; les tensions étaient montées d’un cran.

Pollution sonore

panneau installé près de la mine de akississo, à quelques mètres des habitations Qui dit exploitation dit dynamitages et explosions. A Hiré, on a fini par s’habituer aux explosions, les murs des maisons mitoyennes des sites d’exploitations se fissures face aux décibels des explosions. Mais à cela la société minière répond que le bruit généré répond aux normes.

Alors que sur les lieux j’ai pu remarquer des maisons abandonnées ; selon les témoignages à cause de l’intensité des bruits.

Parlant de la distance entre la zone d’exploitation et les maisons c’est une affaire compliquée, car selon le code minier ivoirien la distance est de 250 mètres mais sur les lieux on remarque à vue d’œil sans être un expert des mathématiques que nous sommes avec la mine d’akississo (qui doit faire l’objet d’une extension encore), à moins de 100m. Les populations riveraines n’ayant pas d’autres solutions sont obligées de rester à côté de ce chant de la mort.

Pollution de l’air

A Hiré, la terre rouge n’a plus de secret, elle se retrouve partout, dans tous les lieux et carrefour de la petite ville. Il y a un arrosage qui doit être fait par les employés de la mine Newcrest, mais en tout cas, durant les 3 jours passé sur les lieux et bien je n’ai rien vu.

Manque d’infrastructure et développement précaire

Normalement quand on trouve de l’or et bien ça doit se faire sentir hélas ce n’est pas le cas. Hiré manque considérablement de route, le bitume est pratiquement inexistant ou impraticable.

Une route avec des pansements, c’est comme ça j’appelle cela. Les entreprises minières faisant croire à de grands travaux de voirie se contentent juste de faire grand trous dans le bitume déjà en souffrance et les remplissent de ciment. Un véritable travail d’amateur, mais là encore que peut dire la population abandonnée à lutter seul face à cette invasion, l’état a donné sa caution que peut donc valoir leur avis !

ATTENTION !!! l’article n’est pas fini, je vous laisse digérer ces lignes et le reste suivra très prochainement. Ne zappez surtout pas, d’autres révélations dans le prochain billet sur le vécu des populations de Hiré…

N’oubliez pas de partager en commentaire votre sentiment sur le vécu de la population de Hiré et des autres zones d’exploitations minières en Côte d’Ivoire. Bonne lecture !!!

Hôpital construit par NEWCREST à Bonikro. En délabrement pour n’avoir pas été équipé en matériel médical

 

centre de santé construit par NEWCREST, en délabrement pour manque d'équipement
l’hôpital de Bonikro abandonné depuis sa création. NEWCREST « a construit mais ne l’a pas équipé ».

 

 

 

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