Sénatoriales en Côte d’Ivoire: le berceau de toutes les contestations

Sharing is caring!

La 3e  République ivoirienne proclamée avec la réforme constitutionnelle de 2016 a été l’occasion de créer une nouvelle institution : le Sénat. Le Sénat est la chambre haute du parlement ivoirien .

⊗ La nécessité d’un sénat en Côte d’Ivoire

Cette approche est vraiment importante quand on sait qu’en Côte d’Ivoire, nous avons un parlement qui « joue » déjà son rôle. La majorité des Ivoiriens ignorent vraiment la nécessité de se doter d’un Sénat.
En Côte d’Ivoire, une pléthore d’organisations et institutions sont créées pour mener des politiques bien précises. Hélas, sur le terrain, ces organisations ou institutions œuvrent peu. C’est pourquoi beaucoup pensent que créer une autre institution, ce n’est qu’une stratégie pour gaspiller les deniers publics.

Monsieur Tiken Jah Fakoli, un artiste engagé sur le plan politique (et suspecté d’avoir pris part à l’organisation de la rébellion en Côte d’Ivoire), a lui-même exprimé sa désapprobation à l’annonce de l’organisation d’élections sénatoriales. Pour lui, ces élections ne sont qu’un moyen de récompenser les partenaires et amis écartés du pouvoir en place, et il refuse ce genre de manipulation.

Avant d’aller plus loin dans cette réflexion, il importe de nous référer à la constitution ivoirienne, source de la création du Sénat, en attendant que la loi organique ne définisse en détail sa fonction.

⊗ Les fonctions du sénat selon la constitution ivoirienne

Selon la constitution ivoirienne, le sénat aura les mêmes fonctions que son équivalent français : la représentation des collectivités territoriales et des Ivoiriens établis hors de la Côte d’Ivoire.

Mais là où le bât blesse, c’est que les fonctions de représentation des collectivités territoriales ne sont que partielles. En d’autres termes un tiers des sénateurs sont désignés par le président, deux tiers des sénateurs sont élus au suffrage universel indirect. Le mandat des sénateurs est de cinq ans.
Les premières élections sénatoriales ivoiriennes se sont tenues le 24 mars passé, comme l’avait annoncé Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement. La campagne électorale s’est déroulée du 19 au 22 mars. À l’annonce de l’ouverture des candidatures, on a remarqué comme une indifférence des électeurs, mais aussi des politiciens : peu de candidatures ont été déposées.
Et alors qu’une césure semblait diviser la coalition au pouvoir, la décision à laquelle on s’attendait le moins à été prise : cette coalition a déposé une liste unique. Est-ce que c’est un coup de bluff, pour calmer les tensions et donner l’impression que tout va bien au sein de la coalition présidentielle ? On ne sait pas, mais c’est reparti pour un tour électoral.

⊗ Les dérives des sénatoriales 2018

Au lieu de générer de l’adhésion et du consensus, les sénatoriales, comme toutes les élections précédentes, ont de nouveau semé la division au sein du pays. N’ayant pas l’assentiment de toutes les parties prenantes, elles ont entraînés plusieurs contestations. Les partis de l’opposition ont ainsi organisé des marches pour protester.

Malheureusement, celles-ci ont été sévèrement réprimées. Plusieurs arrestations effectuées, sanctionnées par une décision de justice limitant les droits et libertés des individus. L’activiste et journaliste blogueur, sa majesté Daouda Coulibaly, a été arrêté avec violence puis relâché.

L’autre dérive de ces sénatoriales, c’est l’acceptation, voire l’élection, des candidats « bouffes tout » politique. Ces personnes représentent une catégorie très engraissée du pouvoir : ils cumulent plusieurs postes, parmi lesquels ceux de ministre, député, maire et maintenant sénateur.

Quelle aberration ! Ces individus sont-ils les plus intelligents de la côte d’ivoire ou les plus aptes ! En attendant d’avoir une réponse et bien les résultats ont été proclamés. Si, sans surprise, la majorité présidentielle a remporté une écrasante victoire 50/66 sièges, la percée de listes « indépendantes » dans huit circonscriptions, dont celles de Bouaké et Yamoussoukro, interpellent.
Alors qu’elle a fait sa rentrée solennelle le 12 avril 2018 dans la capitale politique ivoirienne : Yamoussoukro, les Ivoiriens ont les regards fixés sur cette nouvelle institution jugée budgétivore.

Sharing is caring!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *