Journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines, la Côte d’Ivoire dit : « zéro Tolérance »

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Chaque 6 février de l’année en cours, l’humanité se retrouve pour la journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines. A l’occasion de cette journée, le bilan est fait sur les actions qui sont menées, les difficultés et les résultats obtenus.

À l’occasion de cette journée, la grande salle de l’Institut français d’Abidjan a reçu des convives venus de partout : des représentations diplomatiques, du ministère de la famille, de la femme et de l’enfant, d’autres du ministère de l’intérieur et de la sécurité, des organisations de la société civile, des universités et centres de formations. Tout ce beau monde réuni dans un seul but : dire « NON » à ce fléau, récurrent dans les pays africain.
Les mutilations génitales et plus précisément l’excision sont une pratique ancestrale qui continue de sévir en Côte d’Ivoire. Les conséquences en sont nombreuses : les infections ou maladies, la fermeture de l’orifice vaginale, des traumatismes psychologiques ou la mort, dans le pire des cas.

Pourcentage des femmes de 15-49 ans excisé par régions en    Côte d’Ivoire

La région du Tonkpi, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, semble être la plus touchée. Selon le préfet de la région, l’excision fait partie de la culture de la localité, et en parler reste tabou. Les autorités de l’état font leur maximum, mais elles se heurtent souvent à la résistance de la population et des gardiens de la tradition.

Comme on le dit, les vieilles habitudes ont la peau dure. C’est pourquoi ce n’est pas tâche facile que d’éradiquer ce phénomène. Des dénonciations sont faites relativement aux actes d’excision, mais bon, les dénonciateurs sont bannis de leur communauté. Résultat, la lutte reste embryonnaire.

 

Pourtant, ce ne sont pas les textes juridiques qui manquent pour réprimer ces actions. La constitution ivoirienne du 08 novembre 2016, en son article 5, interdit toutes mutilations génitales. Au plan législatif les articles 1 et 2 de la loi N 98-757 du 23 décembre 1998 dit : « Quiconque commet une mutilation génitale féminine est puni d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende allant de 360 000 à 2 millions ». Je ne parle pas des  instruments juridiques internationaux (aux quelles la Côte d’Ivoire est partie)  relatifs aux mutilations génitales féminines, qui sont légions.
Les textes actuels sont bien pensés, car ils répriment les auteurs, même tous ceux  au 4 degré de commission de l’infraction, c’est-à-dire les parents qui envoient leurs enfants se faire exciser comme ceux qui voient et laissent faire.

Les juges ivoiriens sont déterminés à donner l’exemple aux récalcitrants de la loi. Le slogan est même « zéro tolérance à l’égard des mutilations génitales féminines ».
Le ministre de la sécurité, Monsieur Sidiki Diakité, a affirmé que toutes les mesures seront prises pour arriver à ce niveau de tolérance zéro.

En attendant, comme l’a souligné madame Danielle Boni, anciennement ministre de la communication à l’époque où la loi de 1998 sur les mutilations génitales a été adoptée, « en Côte d’Ivoire, on aime les slogans : « émergence en 2020 », « zéro tolérance ». Mais il faut aller au-delà et passer à l’action, car les chiffres le prouvent bien, il n’y a pas eu d’avancées sur la question ».

Elle a fini son propos en appelant les associations de femmes à faire plus d’actions, à s’approprier cette lutte.
En tout cas, c’est sur cette note que j’ai quitté le premier panel sur le thème : état des lieux, enjeux et répercussions. Le second panel, quant à lui devait  parler des solutions et des actions entreprises pour éradiquer ce fléau.
Pour parler de solution, il faut que chacun prenne ses responsabilités et ait le courage de dire non, de dire stop aux bourreaux. Il faut que chacun de nous trouve la force de s’opposer, de dénoncer et de réprimer légalement les auteurs des mutilations génitales. En outre, prévenir est meilleur que guérir : la sensibilisation doit continuer dans les hameaux reculés, mais aussi dans les sociétés évoluées dont l’enracinement dans la tradition reste fort.

 

Certes, nous avons des cultures et des habitudes ancestrales. Mais il faut tout de même faire appel au bon sens et à la raison quand ces traditions ne sont pas bonnes.
Enfin, tendons les oreilles, ouvrons les yeux et n’ayons pas peur d’ouvrir la bouche quand il s’agit de sauver la vie ou épargner les autres du malheur.
N’oublions pas de faire la sensibilisation en partageant cet article, ça peut sauver des vies.

Ps: Si vous avez raté cette journée, faites un tour sur ma page Facebook ( judicael adou ) pour voir tous les détails de la conférence, à bientôt !

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