Le RASALAO-CI en campagne de sensibilisation contre les armes illégalement détenues dans le sud de la Côte d’Ivoire.

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Le RASALAO-CI (Réseau d’Action Sur les Armes Légères en Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire) est un réseau composé de 23 organisations de la société civile ivoiriennes, présidé par Mr Sylvère Tchédo ; un brillant et dynamique activiste des droits de l’homme (la suite de sa biographie dans un prochain billet).

Le RASALAO-CI a pour mission de lutter contre la prolifération des armes légères et de petits calibres qui sont détenu illégalement par les individus après les crises que la Côte d’Ivoire a connus. Pour en savoir plus sur l’action de cette organisation et les résultats obtenus,  j’ai pu participer à une de leurs campagnes dans le sud de la Côte d’Ivoire et j’aimerais avec vous que nous partagions ce moment d’activisme dans la zone d’Adiaké.

 

I ère phase

8 heures, c’est l’heure à laquelle nous avons quitté le siège du RASALAO-CI pour la destination d’Adiaké, une ville un peu au sud de la Côte d’Ivoire. Le trajet a été agréable et passible sans longue durée, Puisqu’après une heure 30 environ, nous étions sur le lieu de campagne à adiaké.

Il s’agissait au cours de cette campagne de faire la sensibilisation pour le dépôt volontaire des armes légères de petits calibres détenues illégalement par des ex- combattants ou par les populations civiles.

Une fois sur place toute l’équipe du RASALAO-CI ainsi que certains de leurs partenaires se sont attelés à déployer toute la logistique nécessaire pour accueillir la population venue d’adiaké et des contrés aux alentours.

 

Au cours de la cérémonie, les différentes parties prenantes ont dans leurs allocutions (représentante de l’ambassade de Chine, le représentant de la COMNAT-ALPC, le directeur technique du PNUD, les autorités municipales et  préfectorales de la région)  réitérées leur attachement et leur engagement à soutenir l’action qui a été mise en œuvre par le Rasalao. Cette action est une nécessité au vu de toutes les crises et les révoltes suscitées ces derniers temps en Côte d’Ivoire.

En outre, il faut noter que le déposant volontaire n’est susceptible d’aucune poursuite pénale après avoir déposé son arme. S’il dépose son arme, c’est dans son intérêt, car avec l’appui du PNUD et autres partenaires du Rasalao, celui-ci peut bénéficier de micro projet afin de faciliter sa réinsertion.

IIe phase

Il s’agissait dans un premier temps dans la 2e phase de la cérémonie d’expliquer à toutes les autorités et aux populations,  la procédure qui est mise en œuvre lorsque que le déposant volontaire cède son arme. Ensuite présenter dans un second temps l’ensemble des armes qui ont été collecté avant la cérémonie, suivie d’un échange avec les populations pour mieux les éclairé. Enfin faire le profilage de tous les déposants volontaire et recueillir les micros projet qu’ils souhaiteraient mettre en œuvre.

1-Procédure de dépôt

Le Capitaine Coulibaly de la COMNAT-ALPC a expliqué que lorsque le déposant volontaire remet son arme à la COMNAT-ALPC, un des experts de l’organisation procède à la sécurisation de l’arme : c’est-à-dire il essai dans une « chambre » préparée à cet effet si l’arme est fonctionnelle, la décharge de toutes ses minutions.

Une fois qu’on a vérifié l’arme et qu’elle est ‘’aux normes’’ l’expert procède à la classification de celle-ci avec la pose d’un ruban adhésif : Jaune pour dire que l’arme n’est pas fonctionnelle, jaune et vert pour dire qu’elle est fonctionnelle.

Cette étape terminée, l’on passe au marquage de larme de sorte à pouvoir le retracer une fois que l’arme réapparaîtrait quelque part d’autre.

Enfin, l’on passe à la destruction de l’arme (obsolète et sans numéro de série) par découpe à la scie  pour une refonte et sa réutilisation sous la forme de daba ou de tout autre instrument usuel et non-dangereux. Quant aux armes fonctionnelles, elles sont redistribuées à forces armées.

2-Bilan du dépôt

    

Plusieurs armes ont été collectées dans la zone d’adiaké, ce sont :

32 armes, dont 7 armes de guerre ;

27 grenades  (des engins explosifs) dont 11 DF (grenades défensives) et 1 grenade antichar avec charge creuse ;

15 grenades de maintiens de l’ordre (des CS) ;

5077 cartouches.

 

III -Mon analyse personnelle

photo de famille marquant la fin de la campagne de sensibilisation à adiaké

A l’observation de tous ces faits, il ressort deux constats :

Le premier, c’est que l’environnement sécuritaire est réellement fragile et que le moindre événement peut dériver en violence puisque les armes sont encore dissimulées. On en déduit donc que le processus DDR n’a pas été fait correctement, voir, a échoué.

Le constat suivant, c’est que la société civile ivoirienne a beaucoup à faire, dans la pacification de la Côte d’Ivoire, l’état seul ne peut pas tout faire.  On parlera de moyen pour faire la sensibilisation, mais je pense qu’il faut de l’initiative d’abord ensuite des projets et des fonds. Le désarmement n’est pas l’affaire d’une personne, mais une affaire de tous, car « une arme, elle tue tout le monde, même son détenteur ».

 

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